Les étasuniens sont étonnants parfois.

Faisant preuve d’un libéralisme débridé et d’une grande ouverture sur quasiment tous les sujets, ils se replient derrière les bonnes mœurs au moindre téton apparent. Est-ce un reste de la pudibonderie du XIXème siècle, importée avec les colons Victoriens ?
Il est étonnant de voir un peuple à l’histoire si jeune se réfugier derrière de si vieilles valeurs.
Non pas qu’il faille jeter aux orties ces valeurs traditionnelles, qui sont une part de ce que nous sommes aujourd’hui, mais l’histoire des États-Unis est somme toute assez courte en regard de celle de la « vieille » Europe…
Et pourtant ce sont ces petits jeunes de l’Histoire qui veulent en remontrer au monde en ce qui concerne la vertu ou la bienséance.
Giscard aurait flirté avec Marlène Jobert, Mitterrand a connu Anne Pingeot, plus toute une très longue liste de conquêtes d’un soir, Chirac a failli quitter sa femme pour une journaliste du Figaro, Sarkozy aurait trompé son ex-épouse… pour plus de détails, consultez le livre Sexus Politicus de Christophe Dubois et Christophe Deloire.
Conséquences ? Autres que d’ordre privé ? Aucunes. En France c’est bien connu, le sexe est notre spécialité. Cela n’émeut plus personne depuis longtemps (depuis Félix Faure ?). Même l’opposition se garde bien de critiquer, voire de commenter, tant sont grands de risques de se faire éclabousser par ses propres errances…
Alors qu’aux États-Unis, tout est prétexte à scandale, destitution, mea culpa public…
Une petite bouffarde des familles dans le bureau ovale, avec une stagiaire moche de surcroit ? Et vlan ! Le congrès étudie l’impeachment du président, ce dernier s’excuse en public auprès de sa femme…
Le bustier de Janet Jackson se décroche et dévoile un sein dont le téton est orné d’un bijou argenté.
Excuses de la chanteuse, de la chaîne CBS, enquête de l’équivalent de notre CSA…
Cet évènement aura pour conséquence le sabordage pur et simple de la promotion de son huitième opus, Damita Jo. En effet les radios américaines et MTV refusent purement et simplement de diffuser ses chansons. Au niveau international, l'album ne génèrera pas de grandes ventes.
Et tout récemment, la chanteuse Rihanna a osé porter un décolleté un (trop) plongeant. Rien de démentiel, vous en conviendrez.
Mais pour les puritains de tout poil, trop c’est trop… Les réactions s’enchainent et la polémique enfle.
Quand on sait que l’industrie du porno dans le monde représente un chiffre d’affaires de 57 milliards de $ (chiffres de 2006), dont 12 milliards rien qu’aux États-Unis, on se demande jusqu’à quel point peut aller l’hypocrisie, ou parler poliment, la bienséance. 40 millions d’américains avouent fréquenter régulièrement des sites pornos. Sur 300 millions d’habitants, soit à peu près 150 millions de mâles, cela fait 1 américain sur 4 qui surfe sur des sites pornos… en schématisant, si on enlève les enfants de ce calcul, cela fait quasiment de tous les adultes mâles américains…
Alors qui sont ces parangons de vertu ??
Des hypocrites en puissance ? Des personnes respectables le jour et cyber voyeurs la nuit ?
Ou bien est-ce simplement l’expression inconsciente d’une partie bien pensante de la population, qui voudrait condamner ces excès sans toutefois arriver à en juguler les conséquences ni à se passer des milliards de dollars que génère l’industrie du charme ?

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire