vendredi 14 mai 2010

Apéro géant à Nantes...

Échec collectif d'après Xavier Ronsin, ou idiotie individuelle....


Les déclarations de Xavier Ronsin, Procureur de la République de Nantes, sont consternantes... Tout autant que l'attitude des ces alcooliques qui se sont réunis...
Mais en quoi la mort d'un jeune homme, avec 2.4g d'alcool dans le sang, et qui avait commencé à boire dans son appartement avant de rejoindre l'apéro géant, remettrait en cause l'organisation d'un tel évènement...
D'ailleurs, Xavier Ronsin n'est pas avare de contradictions ....
"Il s'agit d'une grave imprudence individuelle" déclare t-il, avant de s'en prendre à ces apéros géants...
Même si je n'approuve pas ces réunions organisées via Facebook, quand on est Procureur de la République, on essaie dans la mesure du possible de ne pas dire n'importe quoi en public.

samedi 20 mars 2010

Américains : Seins nitouches ?

Les étasuniens sont étonnants parfois.






Faisant preuve d’un libéralisme débridé et d’une grande ouverture sur quasiment tous les sujets, ils se replient derrière les bonnes mœurs au moindre téton apparent. Est-ce un reste de la pudibonderie du XIXème siècle, importée avec les colons Victoriens ?

Il est étonnant de voir un peuple à l’histoire si jeune se réfugier derrière de si vieilles valeurs.
Non pas qu’il faille jeter aux orties ces valeurs traditionnelles, qui sont une part de ce que nous sommes aujourd’hui, mais l’histoire des États-Unis est somme toute assez courte en regard de celle de la « vieille » Europe…
Et pourtant ce sont ces petits jeunes de l’Histoire qui veulent en remontrer au monde en ce qui concerne la vertu ou la bienséance.
Nos hommes politiques ont quasiment tous eu une double voire une triple vie.
Giscard aurait flirté avec Marlène Jobert, Mitterrand a connu Anne Pingeot, plus toute une très longue liste de conquêtes d’un soir, Chirac a failli quitter sa femme pour une journaliste du Figaro, Sarkozy aurait trompé son ex-épouse… pour plus de détails, consultez le livre Sexus Politicus de Christophe Dubois et Christophe Deloire.
Conséquences ? Autres que d’ordre privé ? Aucunes. En France c’est bien connu, le sexe est notre spécialité. Cela n’émeut plus personne depuis longtemps (depuis Félix Faure ?). Même l’opposition se garde bien de critiquer, voire de commenter, tant sont grands de risques de se faire éclabousser par ses propres errances…
Alors qu’aux États-Unis, tout est prétexte à scandale, destitution, mea culpa public…
Une petite bouffarde des familles dans le bureau ovale, avec une stagiaire moche de surcroit ? Et vlan ! Le congrès étudie l’impeachment du président, ce dernier s’excuse en public auprès de sa femme…
Le bustier de Janet Jackson se décroche et dévoile un sein dont le téton est orné d’un bijou argenté.
Excuses de la chanteuse, de la chaîne CBS, enquête de l’équivalent de notre CSA…
Cet évènement aura pour conséquence le sabordage pur et simple de la promotion de son huitième opus, Damita Jo. En effet les radios américaines et MTV refusent purement et simplement de diffuser ses chansons. Au niveau international, l'album ne génèrera pas de grandes ventes.
Et tout récemment, la chanteuse Rihanna a osé porter un décolleté un (trop) plongeant. Rien de démentiel, vous en conviendrez.
Mais pour les puritains de tout poil, trop c’est trop… Les réactions s’enchainent et la polémique enfle.
Quand on sait que l’industrie du porno dans le monde représente un chiffre d’affaires de 57 milliards de $ (chiffres de 2006), dont 12 milliards rien qu’aux États-Unis, on se demande jusqu’à quel point peut aller l’hypocrisie, ou parler poliment, la bienséance. 40 millions d’américains avouent fréquenter régulièrement des sites pornos. Sur 300 millions d’habitants, soit à peu près 150 millions de mâles, cela fait 1 américain sur 4 qui surfe sur des sites pornos… en schématisant, si on enlève les enfants de ce calcul, cela fait quasiment de tous les adultes mâles américains…
Alors qui sont ces parangons de vertu ??
Des hypocrites en puissance ? Des personnes respectables le jour et cyber voyeurs la nuit ?
Ou bien est-ce simplement l’expression inconsciente d’une partie bien pensante de la population, qui voudrait condamner ces excès sans toutefois arriver à en juguler les conséquences ni à se passer des milliards de dollars que génère l’industrie du charme ?

Le Tibet et les Ombres Chinoises : tout n’est qu’apparences…


Wen Jiabao et Qin Gang respectivement Premier Ministre Chinois et porte-parole du ministère des Affaires étrangères Chinois s’évertuent depuis quelques jours à faire entendre leur vérité sur la situation au Tibet.
Comme aux temps pas si lointains où l’URSS énonçait sa Pravda
Officiellement, quelques fauteurs de troubles menacent le calme et répandent de fausses informations. D’ailleurs, il n’y a eu que 22 morts selon la Chine, 140 selon les Tibétains…
On se croirait dans les manifestations parisiennes : 20000 manifestants selon la police, 50000 selon les organisations syndicales. Ce serait presque risible si la similitude concernait le nombre de manifestants, et non le nombre de morts.
Alors que le CIO et les ministres des sports de l’UE s’arqueboutent sur leur position - tout sauf le boycott - les différents représentants du monde civilisé commencent à fléchir la leur. Prise de conscience ou bien crainte de perdre des points dans l’opinion ??
Les premiers ont autant à perdre que les seconds. Dans un cas, des millions de dollars, dans l’autre de précieux points de crédibilité/popularité.
Il révoltant qu’en ce début de 21ème siècle, une telle propagande trouve encore écho.
Certes les chinois ne sont pas dupes, internet et la télévision par satellite ont apporté un semblant de liberté d’information.
Mais ces médias sont muselés et censurés par le pouvoir chinois, avec parfois la complicité de grandes sociétés américaines. Jusqu'où peuvent aller les intérêts économiques ?
Tellement habitué aux mensonges (Pékin continue de nier les émeutes de la place Tian'anmen…), le pouvoir de la République Populaire de Chine (3 mots que ne vont pas ensemble dans la situation présente) est en train de vouloir imposer au monde occidental, sa vision des faits au point de réprimander les dirigeants européens qui oseraient (les pleutres…) critiquer la version officielle chinoise :
"Nous devons nous en tenir à l'esprit olympique et ne pas politiser les jeux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang, interrogé sur des propos du président français Nicolas Sarkozy.
"Le gouvernement chinois s'oppose fermement à toute forme de contact officiel du dalaï lama avec n'importe quel pays", a dit M. Qin
Attention peuples d’Europe !
Vous êtes en train de vous faire manipuler par les médias qui ont inventé de toute pièce cette crise tibétaine. Ne croyez pas tout ce qui se dit. Faites confiance à Oncle Wen et Oncle Qin, les bons samaritains chinois qui ne veulent que la paix dans le monde, la transparence dans la politique, et le respect de l’opinion internationale.

Fourniret, Fourniret pas mon identité ?


Fourniret, le nouveau Dutroux ???
Quel parcours que celui de cet individu…
Condamné plusieurs fois en 1966 et 1973 pour voyeurisme et violences, il est arrêté en mars 1984 et condamné à cinq ans de prison ferme en juin 1987 par la cour d’assises de l’Essonne pour une dizaine d’agressions et de viols sur mineurs.
Libéré 4 mois après sa condamnation par le jeu des remises de peines et le temps passé en préventive, il repart dans la nature. Bien entendu, aucun suivi ni aucune surveillance ne permettent de le suivre.
Ensuite, et pendant 17 ans il vivra dans une quasi impunité.
La prison l’ayant sans doute endurci, il commence à tuer 3 mois seulement après sa sortie de prison.
Jusqu’à son arrestation en juin 2003, il aurait commis une vingtaine de crimes.
« Aurait », car :
Il a nié des meurtres l’enquête les lui attribue
Il a avoué des crimes mais on ne retrouve pas les corps
Sa présence troublante à proximité des scènes de crimes de Marc Dutroux, Jean Groix, Emile Louis ou Christian Ranucci, a embrouillé les enquêteurs.
Décrit par certains comme un être simple voire bête ou comme un manipulateur extrêmement intelligent, il a en tout cas un goût certain pour la mise en scène.
Intelligent, car il aurait perpétré certains de ses meurtres à proximité des endroits où sévissaient d’autres tueurs en série, et ce afin de brouiller les pistes par la suite. Après un enlèvement raté sur une jeune fille, il en prend une autre en stop, se montrant charmant et courtois avec elle avant de la déposer à son point de chute.
Bête, car il a commis tous ses crimes en utilisant le même véhicule, allant même donner son prénom à ses victimes, dont certaines (peu) d’entre elles ont survécu.
Une chose est certaine, c’est qu’il aime manipuler les gens et l’opinion et que l’on parle de lui.
Bien que ne faisant montre d’aucun remords et d’une totale indifférence à la douleur des familles des victimes, subitement en juin 2007, il demande au Procureur sa comparution pour 3 autres meurtres dont celui d’Estelle Mouzin, soi disant parce qu’il doit une explication aux familles…
Son égocentrisme et sa mégalomanie font qu’il essaie de se donner de l’importance en donnant au compte-goutte mais avec une précision diabolique, l’endroit et la méthode où ses victimes ont été tuées et enterrées.
Jouant sans cesse au chat et à la souris avec les enquêteurs puis avec les juges il a recommencé ce matin du 27 mars 2008, en refusant de décliner son identité devant la cour d'assises au prétexte que le procès n’était pas à huis clos…
Que se passe-t-il ? Un soudain besoin d’intimité ? Le refus de voir en face les familles de ses victimes.
Peut-être voudrait-il qu’on lui bande les yeux comme le condamné à mort face à ses bourreaux ?
Il a de la chance, grâce à Robert Badinter, il échappera à cette issue.
Et avec encore un peu plus de chance, il sera de nouveau libre dans quelques années et pourra –sans doute - recommencer ses agissements.
Mais pour l’instant, il est présumé innocent, jusqu’à ce que sa culpabilité soit démontrée…
Ensuite, les familles de victimes pourront tenter de faire leur deuil, si une telle chose est possible.

Elections de mars 2008 : 1 pas en avant, 2 pas en arrière


Les municipales et les cantonales viennent de se terminer, et le résultat est sans appel.
La droite n'a pas utilisé le fameux Decolor Stop© qui permet à la pôvre blonde de la pub, de montrer à sa mère qu'on peut laver les couleurs ensemble, sans qu'elles ne déteignent...
Bref, suite à cette terrible faute, les couleurs ont bavé, et le linge a changé de couleur, entendez par là, la carte politique de notre pays.
Non pas que cela m'empêche de dormir, non, j'ai d'autres préoccupation que la couleur politique des départements et communes françaises...
Mais ce qui me titille, c'est cette versatilité toute française, cet inexorable besoin de se balancer d'un pied sur l'autre, comme un ado devant son premier rendez-vous.

Je ne vois pas dans cette inversion de polarité autre chose que l'inconstance politique dont peuvent faire preuve les français.
A qui la faute ?
Petit rappel historique ...
Les électeurs se décomposent en 4 groupes
  • Les militants, convaincus de la première heure, encartés et toujours prêts à venir boire un coup au QG de c(h)ampagne
  • Les abstentionnistes, qui pensent encore que de rester manger le gigot du dimanche midi avec maman, va influer sur la politique.
  • Les "blancs". Cousins proches des abstentionnistes, ils ont (quand même) compris qu'il fallait se déplacer pour s'exprimer, ne fût-ce que de cette façon.
  • Les girouettes, qui suivent souvent - mais pas toujours - le sens du vent (entendez par là, les consignes de vote).
Ces 4 types d'électeurs représentent de 50 à 85% des inscrits selon le type d'élection, la météo, le programme télé...
A qui la faute donc ? Aux électeurs ? Que voilà un raccourci un peu facile...
Un électeur, c'est quoi ?
À la base c'est une personne qui participe à une élection en votant (d'après le dictionnaire).
En finalité, c'est une personne sensible, versatile, à la fois très déterminée et instable. A côté, la nitroglycérine ferait presque pâle figure, et ça les hommes politiques l'ont bien compris...
Ils caressent donc l'Électeur dans le sens du poil, lui dédient leur programme, le chouchoutent, l'invitent à faire un trajet en voiture avec eux, le giflent parfois, et l'insultent (ah non, pardon, il faut attendre d'être élu pour ça...).
Le problème résiderait plutôt dans la confusion qui règne au niveau politique.
Je m'explique, et pour ce faire, je vous livre une des dernières déclarations de François Bayrou, le soir de l'annonce de sa défaite à la magistrature suprême de Pau :
« Comme vous le dites depuis presque une heure, on assiste à une vague de gauche énorme, qui a emporté un très grand nombre de villes. Cette vague est une preuve de plus de l'instabilité de la vie politique française. Tant qu'on n'aura pas dans la vie politique française un centre fort, stable, des institutions qui permettent à tout le monde de se faire entendre, on aura ce mouvement de balancier d'un bord sur l'autre. »
Évidemment, il prêche pour sa paroisse, ne soyons pas fous...
Mais n'y aurait-il pas un fond de vérité dans cette lie politique actuelle ?
Depuis 1981, et l'arrivée pour la première fois de la Vème république, de la gauche au pouvoir, le grand jeu des français a été de vouloir le beurre et l'argent du beurre, ou plus politiquement correct, l'alternance.
Résumé :
  • 1981-1986: Politique d'ultra gauche, avec nationalisations, dévaluations, mais aussi 4ème semaine de congés payés, augmentation du smic, mais aussi explosion du nombre de chômeurs et de la dette publique.
  • 1986-1988: Sanction des français aux législatives, et apparition de la 1ère cohabitation. Habile manœuvre de Tonton, puisque 2 ans plus tard, il réussit le tour de force de faire porter à son premier ministre le bilan de son septennat...
  • 1988-1993: Réélu, il dissout immédiatement l'Assemblée Nationale, et nomme Michel Rocard. De là s'ensuit une politique de gauche beaucoup moins incisive, car la majorité obtenue par la gauche est bien moins importante que celle recueillie en 1981. Beaucoup d'inaugurations, quelques lois significatives, mais on a un peu l'impression qu'il expédie les affaires courantes.
  • 1993-1995: Le déclin annoncé en 1988 se confirme par une écrasante victoire de la droite aux législatives. Balladur est nommé 1er ministre. Retour à une politique de droite, fin du «ni-ni» (ni nationalisation, ni privatisation), et donc retour des privatisations. Retour aussi des «affaires» (OM-VA, sang contaminé, suicide de Bérégovoy, affaire Schuller-Maréchal,...)
  • 1995-1997: Fort de sa popularité, Balladur pense qu'il est légitime qu'il soit porté à la présidence... Éliminé au 1er tour par un Chirac plus en forme que jamais, ce dernier bat Jospin au 2nd. Juppé, nommé 1er ministre entame une politique de rigueur destiné à préparer la France au passage à l'Euro, en diminuant l'endettement publique. Mais il se heurte à une fronde massive des fonctionnaires durant l'hiver 1995. A bout de souffle, le gouvernement Juppé n'en peut plus. Mal conseillé et sûr de lui, Chirac dissout l'assemblée nationale avec un an d'avance sur l'échéance prévue. Geste maladroit et incompris, il aboutit au renouveau de la gauche à travers Lionel Jospin et sa gauche plurielle.
A peine 2 ans après avoir élu un président de droite pour la première fois depuis 1981, la France bascule à gauche pour la plus grande cohabitation de son histoire, 5 ans, la durée du nouveau mandat présidentiel. Ironie de l'histoire ?
Ce petit rappel historique, que nul n'ignorait cependant, ne sert qu'à une chose. Démontrer, si besoin était, le besoin quasi viscéral des Français de s'assurer d'avoir le meilleur des deux mondes.
Le protectionnisme social de la gauche et le libéralisme économique de la droite, la rigueur économique (annoncée) de la droite, et les largesses sociales de la gauche, bref, le beurre et l'argent du beurre.
Ce système a tellement perverti notre monde politique que les dirigeants de gauche ont de discours de droite et que la droite au pouvoir avait sérieusement tendance ces dernières années à copier les idées de la gauche...
Les français n'arrivent plus à faire la différence entre ces 2 camps que les idées opposent mais que les faits rapprochent.
Plus étonnant encore, la critique des idées vient de l'intérieur du camp qui les a émises. Certaines personnalités de gauche sont parfois plus à droite qu'elles ne le pensent comme Ségolène Royal puis DSK qui ont critiqué les effets des 35h ou plutôt l'insuffisance d'effets (parfois assez vertement, comme l'avait fait Mme Royal).
Certaines personnalités de droite sont parfois plus à gauche qu'elle ne le voudrait, et du coup « débordent » de leur pré-carré. Lors des municipales, certaines personnalités de l'UMP se sentant « proches » de certains candidats de gauche leur fait allégeance... Mal leur en a pris, ils ont été immédiatement suspendus...
Rapprochement gauche/droite, oui, mais uniquement pour soutenir la droite, sinon...
La droite et la gauche, si symboliquement séparées de part et d'autre de l'hémicycle, ne sont en fait plus si éloignées que ça. Pire, elles ne sont même plus séparées par le centre, ou ce qu'il en reste.
François Bayrou a dilapidé son capital présidentiel en l'éparpillant au gré de ses sympathies ou affinités.
Le résultat des ces dernières élections locales ne saurait être un désaveu de la politique gouvernementale. Il est encore trop tôt pour en juger.
C'est plutôt un désaveu de la politique tout court.
En 2002, au 1er tour de la présidentielle, les français n'étaient pas devenus Lepenistes subitement, par folie. Non, mais ils avaient simplement voulu rejeter Jospin, ne mesurant pas là, le risque qu'ils faisaient encourir à la république. Risque mesuré certes, mais certains ont avoir des sueurs froides au soir des résultats.
Faute d'avoir une vraie opposition et un centre qui tient la route, les français en sont réduits à sanctionner non plus par l'abstention (le 21 avril 2002 leur a fait peur), mais par le contre braquage électoral.
Mais en finalité, et c'est l'ironie de l'histoire, ils sont les premières victimes des pièges qu'ils tendent à leurs hommes politiques... En voulant influer sur la vie politique nationale, ils interviennent sur la vie politique locale, qui les concernent au premier plan, et qui n'a que peu de rapport avec les hautes sphères du Palais Bourbon.

Pekin au Tibet ou la victoire annoncée de l'économie face aux droits de l'homme


Bon d'accord, désolé pour le mauvais jeu de mots.

Mais si l'action menée par RSF et Robert Ménard a le mérite de faire entendre une (faible) voix pour le Tibet et les droits de l'homme dans cette région, cela n'en reste pas moins qu'une goutte d'eau dans l'océan d'hypocrisie internationale.

Si cette question a déjà été évoquée des milliers de fois, les réponses officielles sont beaucoup plus rares.

Pourquoi ?

Peut-être parce qu'il n'y a ni pétrole ni armes nucléaires cachées au Tibet, sinon George W. Bush aurait déjà envahi le Népal :)

Peut-être parce que la Chine est devenue tellement incontournable au niveau économique que l'on ne veut pas la contrarier.

Peut-être que les droits de l'homme ne sont un sujet intéressant qu'en période électorale.
Ce qui, en passant, est le cas aux Etats-Unis, mais les problèmes hors de leurs frontières ne les intéressent que s'ils peuvent envoyer une division blindée au minimum, ce qui reviendrait à occuper le Tibet...
Et puis, 98% des américains ne savent même pas où se trouve le Tibet.
Ceci dit, pour relativiser un petit peu ces propos, combien de français sauraient le situer sur une carte (sans les noms de pays...) ?

Peut-être que les enjeux (financiers) des J.O. 2008 sont plus importants que le sort des quelques moines (pauvres de surcroît, et donc non consommateurs, et donc pas importants).

Peut-être, enfin, qu'il ne se passe rien au Tibet, que nous sommes victimes de la désinformation planétaire et qu'en fait, ce sont les tibétains qui menacent la Chine et la démocratie....
Sales propagandistes de moines tibétains. Il faudrait sans doute vérifier si le Dalai Lama a été élu démocratiquement, si les morts n'ont pas voté, et si le décompte des bulletins a été fait sous le contrôle de l'ONU...
Si ça se trouve, le Dalai Lama est un usurpateur ?

Alors, que faire ? Quelles options s'offrent aux dirigeants de notre monde libre et civilisé ?

Boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux ? Spectaculaire mais peu probable.

Annuler les Jeux ? Impensable. Les sponsors et autres équipementiers refuseraient. Il faut bien remercier les petits enfants de 6 ans qui travaillent 80 heures par semaine dans des ateliers surchauffés, en leur permettant de voir de près (mais pas trop, ça ferait désordre), le résultat de leur travail au pied des sportifs, sur écrans géants...

Admonester la Chine ?
(verbe transitif du 1er groupe : Faire une sévère réprimande à quelqu’un (sans condamner, mais en avertissant de ne pas recommencer))"Cette répression n'est pas supportable", a déclaré M. Kouchner, chef de la diplomatie française.
Voilà la traduction diplomatique d'admonestation. C'est un dictionnaire un peu spécial, mais en chinant un peu, il se trouve encore...

Rompre les relations diplomatiques ?
Impensable, ne serait-ce que pour pouvoir continuer à garder un oeil sur eux de l'intérieur...
Les isoler diplomatiquement les rendraient encore plus fort, et de plus, certains de nos amis, continueraient à traiter avec eux (business is business...), ce qui nous isolerait à notre tour. Le monde à l'envers...

Bref, le mieux est de ne rien faire, surtout de ne pas faire de bruit en refermant la porte sur cette répression dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, et espérer que tout ceci ne nous explosera pas à la gueule dans quelques temps...

Politique de l'autruche ??

Meuh non, c'est de la diplomatie, mon fils.

Vous pouvez aller reprendre une activité normale, demain nous apportera son lot de nouvelles affreuses qui nous feront oublier (provisoirement ?) le sort du Tibet, dont tout le monde se contrefout tellement c'est loin, petit, et en plus y'a même pas la mer...)