dimanche 22 avril 2018

Scripta volant, Verba Manent


J’avais envie depuis longtemps de pousser un coup de gueule sur le Facebook bashing et plus généralement sur la tendance généralisante de se méfier des vies numériques et au-delà de ça, de l’empreinte qu’elles laissent dans les arcanes d’Internet.

Dans la lignée de la très récente affaire Facebook / Cambridge Analytica, de nombreuses personnalités, institutions et Etats ont sommé le géant américain de venir s’expliquer sur cette gigantesque manipulation de données et à travers elle, une supposée manipulation de l’électorat américain.

Pour relativiser rapidement car là n’est pas mon objet, Cambridge Analytica a récupéré des milliers d’informations pour au final - par contagion - en dérober des millions. Dérober oui ! car ils ont agi en utilisant la technique du cheval de Troie, en transformant une simple étude d’opinions ciblée (sur 300 000 personnes quand même !) en un hold-up numérique, pour au final partir avec suffisamment d’éléments pour cibler 50 millions de profils au point de mieux les connaître qu’eux-mêmes d’après les chercheurs.

Si cette affaire relève de la fraude ou à tout le moins d’une malhonnêteté criante sur la véritable motivation, mon propos, lui, porte sur le don conscient et éclairé de nos données les plus numériquement intimes à Facebook. Je précise que je ne cherche pas à faire du Facebook bashing et que tous les autres réseaux sociaux sont concernés. C’est juste que Facebook est le numéro un mondial toutes catégories (membres, chiffre d’affaires, bénéfices, …).  

Sur un registre moins mondial, beaucoup de blogueurs et de journalistes se sont lancés dans une inspection introspective de leur vie numérique. Souvent sur un ton décalé, parfois humoristique et dans quelques cas alarmiste !

Et là commence un inventaire à la Prévert de toutes les données possibles et imaginables collectées par le plus gros pays virtuel de la planète ; quasiment 2 milliards de membres dans le monde et 30 millions rien qu’en France !

Tout est collecté ! Les messages évidemment, les photos, mais aussi les données de géolocalisation associées, les différents statuts que nous avons pu publier (à des moments plus ou moins lucides de notre vie), les « j’aime » sur des sujets qui quelques années plus tard nous paraissent has-been voire carrément gênants…

Sont également collectés les diverses coordonnées et moyen de communication que nous avons pu fournir à un moment où un autre à Facebook. Mais la gourmandise de cet ogre numérique ne s’arrête pas là. Les coordonnées de nos amis, notre historique de navigation, et globalement toutes les facettes de nos vies numériques pour peu qu’à un moment où un autre nous ayons connecté nos autres univers digitaux à Facebook.

Alors jusqu’ici mon propos n’a rien de très original. Cela a été twitté, bloggué et largement repris par les plus sérieux médias de la place. Donc pourquoi ce coup de gueule, alors que tout est dit ?

Et bien non tout n’est pas dit. Selon moi,  nous (vous, moi, nos enfants, mamie Jeanine et même madame Michu, la fille de la meilleure amie de la sœur de la concierge) sommes conscients qu’au moment où nous avons cliqué sur « Inscription », nous avons vendu (gratuitement…) notre âme au diable !

Ou devrais-je dire, devrions être conscients ! Si effectivement l’ampleur de notre vie numérique a crû exponentiellement ces dernières années, peut-être n’avions nous pas conscience au moment de nous livrer, des proportions que cela prendrait quelques temps plus tard…

Mais justement, tout mon propos est là : je trouve anormal voire grotesque de s’insurger des conséquences non mesurées de nos actes…. Cela me rappelle ce gros fumeur américain qui avait attaqué (et gagné) contre l’industrie du tabac, pour ne pas avoir été mieux informé voire empêché de fumer ce qui lui aurait épargné son cancer….

Tempora mutantur et nos mutamur in illisa


Voilà le mot est lâché : Facebook serait le cancer de notre société. Il se nourrit de peu au départ, s’étend progressivement à toutes nos activités et finit par s’attaquer à toute notre vie et à celle des gens avec qui nous sommes connectés…

Mais Facebook n’est pas un hacker ou un site mal intentionné qui vous dérobe tout ce qui passe à sa portée pour le revendre ou l’échanger.

Vous l’avez autorisé en vous inscrivant, en validant la mise à jour des conditions générales et plus généralement à chaque action de ce genre, un encart apparaît vous demandant de donner votre accord pour pouvoir encore plus vous ponctionner.

Evidemment, cet accord vous permet en échange d’obtenir d’autres fonctionnalités, services ou informations.

Rien n’est caché et si ces demandes d’accord sont plutôt claires et compréhensibles, les conditions générales du site (accessibles à toutes et tous, et validées par vous lors de l’inscription…) ressemblent fort aux fameuses petites lignes des contrats de prêts et autres documents officiels, spécialité des banques et des assureurs (mais pas que…).

Des lignes écrites en petits caractères, un charabia juridico-normé et un nombre d’articles et d’alinéas à faire pâlir d’envie un juriste en droit constitutionnel !

Bref ! tout est réuni pour que la validation soit expéditive afin de consommer au plus vite le fruit défendu… Et le piège se referme aurait-on envie de se dire …


Mais quel piège ? celui dans lequel vous et moi avons délibérément mis le doigt (valideur…) ? peut-on accuser une société dont le but avoué (même en petits caractères) est de compiler vos informations pour vous proposer de nombreuses opportunités (l’algorithme de proposition d’amis fût un temps, redoutablement efficace) et éventuellement de les partager (revendre) à des partenaires pour qu’ils puissent à leur tour vous cerner plus efficacement ??

Si effectivement nous avons été dépassés par l’emprise de Facebook dans notre vie quotidienne, devons-nous pour autant blâmer ce dernier ?

Il est vrai que c’est tendance … Blâmer les autres pour notre incapacité à s’autocontrôler…  

Les fabricants de cigarettes qui nous vendent des clopes qui nous donnent envie de revenir, des fabricants de Nutella qui font que des générations d’enfants (et d’adultes) ne jurent que par lui, des émissions de télé, et parfois la télévision elle-même, qui donnent des générations d’accros à la télé-réalité (on l’est beaucoup moins de LCI ou de Public Sénat) ou pour être tendance, ces fabricants de smartphones qui ont transformé notre main droite en support pour leurs précieuses productions, au point que les chercheurs se demandent si les prochaines générations d’enfants sauront écrire ….



Je n’aime pas cette société qui à défaut d’être capable de réfréner ses pulsions demande au Tentateur d’être moins tentant … En plein mouvement #metoo, des voies se sont élevées pour expliquer que si les femmes étaient moins tentantes, il y aurait moins d’agressions… Ce transfert de responsabilité m’effraie et devrait effrayer le plus grand nombre d’entre vous. Il est de notre devoir de nous responsabiliser, de nos contrôler et de nous maîtriser plutôt que de stigmatiser l’ennemi comme le responsable de tous nos maux !

Cela a toujours été le fondement de notre société judéo-chrétienne de donner un ennemi commun à affronter pour oublier nos faiblesses et nos turpitudes quotidiennes. Mais cela n’a jamais réglé les problèmes ni apporté de solution pérenne à ces fléaux.

Prenons la mesure de l’emprise que nous avons concédé aux réseaux sociaux et adaptons le niveau d’informations que nous lui autorisons. La solution primaire, voire basique, serait de ne plus y participer du tout. Quelque peu sommaire malgré tout. Les réseaux sociaux (Facebook en tête aujourd’hui, mais rien ne dit que demain les Millénials n’auront pas investi une forme de vie sociale numérique) sont une part intégrante de notre vie au 21ème siècle. Cela rapproche les amis éloignés, les familles isolées et permet d’échanger avec un groupe normalement choisi et restreint sur nos envies du moment, nos humeurs voire nos questions existentielles.

A nous, moi le premier pour faire bonne figure, de filtrer ou restreindre le flux d’information que nous partageons et les autorisations que nous avons octroyé aux réseaux sociaux pour en faire un usage dont nous avons oublié la finalité !

Chaque évolution de notre société nous fait craindre la disparition de ce que nous avons connu avant. Et le « c’était mieux avant » revient comme une litanie entêtante. Le livre numérique a fait craindre la disparation de notre bon vieux livre papier (qui ne s’est jamais aussi bien porté …), les réseaux sociaux ont fait craindre la fin de la bonne vieille vie sociale (les bars et les soirées entre amis n’ont pas disparu non plus…). Alors c’est sûr, le MP3 a fait disparaitre le CD qui avait lui-même tué le vinyle (qui revient en force), la machine à laver a fait disparaître les lavoirs (un regret ?) et les automobiles ont tué les relais-postes, et les chevaux ont rejoint les pâtures.

Il faut vivre avec son temps, et comme dans toute évolution on craint l’inconnu (faute d’essayer de le connaître…). Le manque d’information et surtout de curiosité nous conduit à rejeter et à craindre les réseaux sociaux, alors qu’il aurait suffit d’en lire la notice pour mieux les comprendre…

Allez hop ! je file sur Twitter voir où en sont mes followers !

Verba volant, scripta manet : Les paroles s'envolent, les écrits restent
Tempora mutantur et nos mutamur in illis : Les temps changent et nous aussi changeons avec eux.
#facebook #coupdegueule #billetsdhumeur #RGPD

mercredi 1 juin 2016

Un Donald ça Trump énormément

Candidat déclaré aux Primaires des Républicains pour 2016, Donald Trump a bâti sa campagne à l’image de sa carrière : tout seul, sans aide extérieure, et surtout en se moquant du qu’en-dira-t-on !

Jusque-là, rien ne me choque. L’archétype du self-made-man a été incarné de si nombreuses fois, et parfois avec classe et brio, que ce brillant homme d’affaires ne déroge pas à l’esprit ni à la règle. Les grands hommes sont souvent voire toujours la cible des critiques de tous bords !

Mais lui, il a réussi à s’aliénier non seulement et assez logiquement ses ennemis, mais également son propre camp. Son camp qui a d’ailleurs été le premier surpris du succès de ce candidat, qui est arrivé dans l’indifférence générale. En 6 mois, il a rattrapé puis dépassé ses amis/adversaires républicains y compris le sérieux prétendant Jeb Bush, fils du président homonyme…

Sa progression fulgurante dans les sondages et dans le recueil des voix nécessaires à son investiture font soudain de lui LE candidat des Républicains. Oubliées les inimitiés ! oubliés les quolibets ! Il devient l’incontournable arme de destruction massive face à la Démocrate Hillary Clinton.
Les soutiens officiels, d’abord inexistants puis timides deviennent des prises de position officielles et bruyantes allant de Sarah Palin (ex candidate à la vice-présidence, ex- gouverneur, ex-femme à scandales mâtinés d’amants et de drogues dures), à Rudolph Gulliani (ancien Maire de NYC, ancien soutien de John McCain) en passant par John McCain.

Le parti républicain, traditionnellement situé à droite de notre droite française rassemble large en termes de programmes politiques.
Ce qui me choque, choque les électeurs américains et divise les partisans, ce sont les prises de positions ultra conservatrices des soutiens de Donald Trump. Rejet de l’avortement, opposition au mariage homosexuel (défini comme une bestialité …), déni sur le réchauffement climatique, etc.

Après le soutien de Donald Trump à Kim Jong-Un en janvier dernier, la Corée du Nord lui renvoie l’ascenseur en lui apportant officiellement son soutien… Pour ce que ça vaut, cela ne va pas bouleverser l’échiquier géopolitique mondial, mais cela conforte dans l’idée d’une extrême droitisation de la droite américaine…

Mais ce Donald Trump reste malgré toutes ses controverses un personnage étonnant.
Homme extrêmement riche, il ne consacre pourtant que 27 millions de dollars à sa campagne (quand Hillary Clinton a déjà dépensé 188 millions de dollars – apportés par ses donateurs…).
Homme d’affaires libéral, il ne voit la libéralité que dans les affaires immobilières. Point de libéral dans sa vision des affaires humaines….

Les USA sont à la croisée des chemins... 

Seuls deux candidats, aussi controversés l’un que l’autre, restent en lice pour s’affronter lors des élections de novembre prochain. L’une qui peine à imposer sa légitimité en tant que future Présidente des USA et qui traine les casseroles de son affaire de mails rendus publics alors qu’elle était Secrétaire d’Etat… L’autre qui sans être dénué de controverses, choque autant par ses idées que par ses méthodes, mais semble rassembler malgré cela une bonne partie de l’électorat, y compris les homosexuels (26% quand même…).


samedi 21 janvier 2012

L'Art difficile de la réinsertion conjugué à l'enseignement...

J'ai actuellement l'occasion de participer à un programme ambitieux financé par le Conseil Régional d'Île de France (CRIF).
Il s'agit, à travers un cursus accéléré mais complet et de qualité, de  réconcilier les jeunes en marge du système scolaire. 
Le programme est varié, même s'il est orienté informatique. Cela comporte également de l'anglais, du français, des techniques de recherche d'emploi, et même de l'analyse transactionnelle et comportementale.

A la fin du cursus, après un stage et un examen, ils peuvent espérer obtenir un diplôme d'Etat délivré par le Ministère du Travail, leur permettant soit de poursuivre leur cursus dans une école demandant un diplôme d'entrée, soit continuer le cursus offert par le CRIF, soit bénéficier de l'obtention de ce diplôme pour le faire valoir auprès d'entreprises pour lesquelles ce sésame est devenu quasi indispensable.
A cette fin, l'école pour laquelle je travaille a réuni un panel de formateurs varié, issus de mondes aussi divers que la formation, l'université ou le monde du travail.
Ces professionnels que nous sommes apportent, chacun avec leur méthode, des pierres à l'édifice, charge à l'équipe pédagogique de construire une formation adaptée.

La vie serait belle si tout allait de soi.....

Le problème est la suivant : les élèves/stagiaires que nous formons sont des rescapés du système (éducatif, judiciaire, communautaire...).
La (ré)insertion dans le monde normé de l'école et de l'entreprise ne se fait pas sans heurts ni sans mal. 
Mal ou peu habitués aux règles et aux codes, ils essaient de louvoyer en reproduisant le mode de fonctionnement qui est le leur dans leur vi(d)e de tous les jours.

Alors nous partageons notre énergie entre enseignement, baby-sitting, police et psychologie....

Les plus calmes (mous ?) pètent les plombs sans raison et les gros durs fondent parfois en larme ce qui est assez déconcertant....

Ce qui m'attriste dans tout cela, c'est qu'ils ne se rendent pas compte (certains, si) de la chance qu'ils ont - non pas de nous avoir, je n'irais pas jusque là - d'avoir à leur disposition une équipe pluridisciplinaire, motivée et disponible pour les écouter, les aider, les aiguiller, voire finalité ultime, les former.  

J'ai l'impression qu'ils se disent que c'est normal, que le système va encore une fois les aider, que l'Etat Providence va pourvoir à leurs manques, et que tout va continuer comme ça....
Je me dis que c'est un double gâchis; pour eux tout d'abord, qui n'auront pas forcément une nouvelle chance comme celle là, et surtout pour les nombreux demandeurs en liste d'attente, que nous n'avons pu retenir, faute de choix assez avertis ou pertinents....

vendredi 14 mai 2010

Apéro géant à Nantes...

Échec collectif d'après Xavier Ronsin, ou idiotie individuelle....


Les déclarations de Xavier Ronsin, Procureur de la République de Nantes, sont consternantes... Tout autant que l'attitude des ces alcooliques qui se sont réunis...
Mais en quoi la mort d'un jeune homme, avec 2.4g d'alcool dans le sang, et qui avait commencé à boire dans son appartement avant de rejoindre l'apéro géant, remettrait en cause l'organisation d'un tel évènement...
D'ailleurs, Xavier Ronsin n'est pas avare de contradictions ....
"Il s'agit d'une grave imprudence individuelle" déclare t-il, avant de s'en prendre à ces apéros géants...
Même si je n'approuve pas ces réunions organisées via Facebook, quand on est Procureur de la République, on essaie dans la mesure du possible de ne pas dire n'importe quoi en public.

samedi 20 mars 2010

Américains : Seins nitouches ?

Les étasuniens sont étonnants parfois.






Faisant preuve d’un libéralisme débridé et d’une grande ouverture sur quasiment tous les sujets, ils se replient derrière les bonnes mœurs au moindre téton apparent. Est-ce un reste de la pudibonderie du XIXème siècle, importée avec les colons Victoriens ?

Il est étonnant de voir un peuple à l’histoire si jeune se réfugier derrière de si vieilles valeurs.
Non pas qu’il faille jeter aux orties ces valeurs traditionnelles, qui sont une part de ce que nous sommes aujourd’hui, mais l’histoire des États-Unis est somme toute assez courte en regard de celle de la « vieille » Europe…
Et pourtant ce sont ces petits jeunes de l’Histoire qui veulent en remontrer au monde en ce qui concerne la vertu ou la bienséance.
Nos hommes politiques ont quasiment tous eu une double voire une triple vie.
Giscard aurait flirté avec Marlène Jobert, Mitterrand a connu Anne Pingeot, plus toute une très longue liste de conquêtes d’un soir, Chirac a failli quitter sa femme pour une journaliste du Figaro, Sarkozy aurait trompé son ex-épouse… pour plus de détails, consultez le livre Sexus Politicus de Christophe Dubois et Christophe Deloire.
Conséquences ? Autres que d’ordre privé ? Aucunes. En France c’est bien connu, le sexe est notre spécialité. Cela n’émeut plus personne depuis longtemps (depuis Félix Faure ?). Même l’opposition se garde bien de critiquer, voire de commenter, tant sont grands de risques de se faire éclabousser par ses propres errances…
Alors qu’aux États-Unis, tout est prétexte à scandale, destitution, mea culpa public…
Une petite bouffarde des familles dans le bureau ovale, avec une stagiaire moche de surcroit ? Et vlan ! Le congrès étudie l’impeachment du président, ce dernier s’excuse en public auprès de sa femme…
Le bustier de Janet Jackson se décroche et dévoile un sein dont le téton est orné d’un bijou argenté.
Excuses de la chanteuse, de la chaîne CBS, enquête de l’équivalent de notre CSA…
Cet évènement aura pour conséquence le sabordage pur et simple de la promotion de son huitième opus, Damita Jo. En effet les radios américaines et MTV refusent purement et simplement de diffuser ses chansons. Au niveau international, l'album ne génèrera pas de grandes ventes.
Et tout récemment, la chanteuse Rihanna a osé porter un décolleté un (trop) plongeant. Rien de démentiel, vous en conviendrez.
Mais pour les puritains de tout poil, trop c’est trop… Les réactions s’enchainent et la polémique enfle.
Quand on sait que l’industrie du porno dans le monde représente un chiffre d’affaires de 57 milliards de $ (chiffres de 2006), dont 12 milliards rien qu’aux États-Unis, on se demande jusqu’à quel point peut aller l’hypocrisie, ou parler poliment, la bienséance. 40 millions d’américains avouent fréquenter régulièrement des sites pornos. Sur 300 millions d’habitants, soit à peu près 150 millions de mâles, cela fait 1 américain sur 4 qui surfe sur des sites pornos… en schématisant, si on enlève les enfants de ce calcul, cela fait quasiment de tous les adultes mâles américains…
Alors qui sont ces parangons de vertu ??
Des hypocrites en puissance ? Des personnes respectables le jour et cyber voyeurs la nuit ?
Ou bien est-ce simplement l’expression inconsciente d’une partie bien pensante de la population, qui voudrait condamner ces excès sans toutefois arriver à en juguler les conséquences ni à se passer des milliards de dollars que génère l’industrie du charme ?

Le Tibet et les Ombres Chinoises : tout n’est qu’apparences…


Wen Jiabao et Qin Gang respectivement Premier Ministre Chinois et porte-parole du ministère des Affaires étrangères Chinois s’évertuent depuis quelques jours à faire entendre leur vérité sur la situation au Tibet.
Comme aux temps pas si lointains où l’URSS énonçait sa Pravda
Officiellement, quelques fauteurs de troubles menacent le calme et répandent de fausses informations. D’ailleurs, il n’y a eu que 22 morts selon la Chine, 140 selon les Tibétains…
On se croirait dans les manifestations parisiennes : 20000 manifestants selon la police, 50000 selon les organisations syndicales. Ce serait presque risible si la similitude concernait le nombre de manifestants, et non le nombre de morts.
Alors que le CIO et les ministres des sports de l’UE s’arqueboutent sur leur position - tout sauf le boycott - les différents représentants du monde civilisé commencent à fléchir la leur. Prise de conscience ou bien crainte de perdre des points dans l’opinion ??
Les premiers ont autant à perdre que les seconds. Dans un cas, des millions de dollars, dans l’autre de précieux points de crédibilité/popularité.
Il révoltant qu’en ce début de 21ème siècle, une telle propagande trouve encore écho.
Certes les chinois ne sont pas dupes, internet et la télévision par satellite ont apporté un semblant de liberté d’information.
Mais ces médias sont muselés et censurés par le pouvoir chinois, avec parfois la complicité de grandes sociétés américaines. Jusqu'où peuvent aller les intérêts économiques ?
Tellement habitué aux mensonges (Pékin continue de nier les émeutes de la place Tian'anmen…), le pouvoir de la République Populaire de Chine (3 mots que ne vont pas ensemble dans la situation présente) est en train de vouloir imposer au monde occidental, sa vision des faits au point de réprimander les dirigeants européens qui oseraient (les pleutres…) critiquer la version officielle chinoise :
"Nous devons nous en tenir à l'esprit olympique et ne pas politiser les jeux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang, interrogé sur des propos du président français Nicolas Sarkozy.
"Le gouvernement chinois s'oppose fermement à toute forme de contact officiel du dalaï lama avec n'importe quel pays", a dit M. Qin
Attention peuples d’Europe !
Vous êtes en train de vous faire manipuler par les médias qui ont inventé de toute pièce cette crise tibétaine. Ne croyez pas tout ce qui se dit. Faites confiance à Oncle Wen et Oncle Qin, les bons samaritains chinois qui ne veulent que la paix dans le monde, la transparence dans la politique, et le respect de l’opinion internationale.

Fourniret, Fourniret pas mon identité ?


Fourniret, le nouveau Dutroux ???
Quel parcours que celui de cet individu…
Condamné plusieurs fois en 1966 et 1973 pour voyeurisme et violences, il est arrêté en mars 1984 et condamné à cinq ans de prison ferme en juin 1987 par la cour d’assises de l’Essonne pour une dizaine d’agressions et de viols sur mineurs.
Libéré 4 mois après sa condamnation par le jeu des remises de peines et le temps passé en préventive, il repart dans la nature. Bien entendu, aucun suivi ni aucune surveillance ne permettent de le suivre.
Ensuite, et pendant 17 ans il vivra dans une quasi impunité.
La prison l’ayant sans doute endurci, il commence à tuer 3 mois seulement après sa sortie de prison.
Jusqu’à son arrestation en juin 2003, il aurait commis une vingtaine de crimes.
« Aurait », car :
Il a nié des meurtres l’enquête les lui attribue
Il a avoué des crimes mais on ne retrouve pas les corps
Sa présence troublante à proximité des scènes de crimes de Marc Dutroux, Jean Groix, Emile Louis ou Christian Ranucci, a embrouillé les enquêteurs.
Décrit par certains comme un être simple voire bête ou comme un manipulateur extrêmement intelligent, il a en tout cas un goût certain pour la mise en scène.
Intelligent, car il aurait perpétré certains de ses meurtres à proximité des endroits où sévissaient d’autres tueurs en série, et ce afin de brouiller les pistes par la suite. Après un enlèvement raté sur une jeune fille, il en prend une autre en stop, se montrant charmant et courtois avec elle avant de la déposer à son point de chute.
Bête, car il a commis tous ses crimes en utilisant le même véhicule, allant même donner son prénom à ses victimes, dont certaines (peu) d’entre elles ont survécu.
Une chose est certaine, c’est qu’il aime manipuler les gens et l’opinion et que l’on parle de lui.
Bien que ne faisant montre d’aucun remords et d’une totale indifférence à la douleur des familles des victimes, subitement en juin 2007, il demande au Procureur sa comparution pour 3 autres meurtres dont celui d’Estelle Mouzin, soi disant parce qu’il doit une explication aux familles…
Son égocentrisme et sa mégalomanie font qu’il essaie de se donner de l’importance en donnant au compte-goutte mais avec une précision diabolique, l’endroit et la méthode où ses victimes ont été tuées et enterrées.
Jouant sans cesse au chat et à la souris avec les enquêteurs puis avec les juges il a recommencé ce matin du 27 mars 2008, en refusant de décliner son identité devant la cour d'assises au prétexte que le procès n’était pas à huis clos…
Que se passe-t-il ? Un soudain besoin d’intimité ? Le refus de voir en face les familles de ses victimes.
Peut-être voudrait-il qu’on lui bande les yeux comme le condamné à mort face à ses bourreaux ?
Il a de la chance, grâce à Robert Badinter, il échappera à cette issue.
Et avec encore un peu plus de chance, il sera de nouveau libre dans quelques années et pourra –sans doute - recommencer ses agissements.
Mais pour l’instant, il est présumé innocent, jusqu’à ce que sa culpabilité soit démontrée…
Ensuite, les familles de victimes pourront tenter de faire leur deuil, si une telle chose est possible.