Candidat déclaré aux Primaires des Républicains pour 2016,
Donald Trump a bâti sa campagne à l’image de sa carrière : tout seul, sans
aide extérieure, et surtout en se moquant du qu’en-dira-t-on !
Jusque-là, rien ne me choque. L’archétype du self-made-man a
été incarné de si nombreuses fois, et parfois avec classe et brio, que ce
brillant homme d’affaires ne déroge pas à l’esprit ni à la règle. Les grands
hommes sont souvent voire toujours la cible des critiques de tous bords !
Mais lui, il a réussi à s’aliénier non seulement et assez
logiquement ses ennemis, mais également son propre camp. Son camp qui a d’ailleurs
été le premier surpris du succès de ce candidat, qui est arrivé dans l’indifférence
générale. En 6 mois, il a rattrapé puis dépassé ses amis/adversaires
républicains y compris le sérieux prétendant Jeb Bush, fils du président
homonyme…
Sa progression fulgurante dans les sondages et dans le
recueil des voix nécessaires à son investiture font soudain de lui LE candidat
des Républicains. Oubliées les inimitiés ! oubliés les quolibets ! Il
devient l’incontournable arme de destruction massive face à la Démocrate
Hillary Clinton.
Les soutiens officiels, d’abord inexistants puis timides
deviennent des prises de position officielles et bruyantes allant de Sarah Palin
(ex candidate à la vice-présidence, ex- gouverneur, ex-femme à scandales
mâtinés d’amants et de drogues dures), à Rudolph Gulliani (ancien Maire de NYC,
ancien soutien de John McCain) en passant par John McCain.
Le parti républicain, traditionnellement situé à droite de
notre droite française rassemble large en termes de programmes politiques.
Ce qui me choque, choque les électeurs américains et divise
les partisans, ce sont les prises de positions ultra conservatrices des
soutiens de Donald Trump. Rejet de l’avortement, opposition au mariage
homosexuel (défini comme une bestialité …), déni sur le réchauffement
climatique, etc.
Après le soutien de Donald Trump à Kim Jong-Un en janvier
dernier, la Corée du Nord lui renvoie l’ascenseur en lui apportant
officiellement son soutien… Pour ce que ça vaut, cela ne va pas bouleverser l’échiquier
géopolitique mondial, mais cela conforte dans l’idée d’une extrême droitisation
de la droite américaine…
Mais ce Donald Trump reste malgré toutes ses controverses un
personnage étonnant.
Homme extrêmement riche, il ne consacre pourtant que 27
millions de dollars à sa campagne (quand Hillary Clinton a déjà dépensé 188
millions de dollars – apportés par ses donateurs…).
Homme d’affaires libéral, il ne voit la libéralité que dans
les affaires immobilières. Point de libéral dans sa vision des affaires
humaines….
Les USA sont à la croisée des chemins...
Seuls deux
candidats, aussi controversés l’un que l’autre, restent en lice pour s’affronter
lors des élections de novembre prochain. L’une qui peine à imposer sa
légitimité en tant que future Présidente des USA et qui traine les casseroles
de son affaire de mails rendus publics alors qu’elle était Secrétaire d’Etat… L’autre
qui sans être dénué de controverses, choque autant par ses idées que par ses méthodes,
mais semble rassembler malgré cela une bonne partie de l’électorat, y compris
les homosexuels (26% quand même…).